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If'n Oof — Brian Chippendale

14,5×18,5 cm — 800 pages — 30 €

Brian Chippendale est batteur de Lightning Bolt. Il dessine comme il frappe : sans retenue. If'n Oof, c'est 800 pages de bande dessinée qui déraillent, qui cognent, qui font rire et qui dérangent. Un des livres les plus jouissifs du fonds Grand-Guignol.

Deux héros, mille péripéties

If et Oof sont deux créatures à l'allure de bonhommes bâtons, plongées dans un monde absurde où les lois de la physique et du récit n'ont plus cours. Ils traversent des déserts, des villes en ruine, des royaumes souterrains. Il leur arrive des choses atroces — et des choses hilarantes. Chippendale ne fait pas dans la nuance : son trait est épais, ses encres sont denses, ses planches en négatif (noir sur blanc inversé) frappent comme des éclairs.

Une esthétique noise

Ceux qui connaissent Lightning Bolt reconnaîtront la même énergie : répétition, saturation, chaos maîtrisé. La bédé fonctionne par accumulation. On ne suit pas une intrigue linéaire : on se laisse porter par le flux d'images. Les références pullulent — comics underground, dessin animé des années 30, art brut — mais Chippendale les digère pour produire un langage personnel, immédiatement identifiable.

Mon avis de libraire

J'ai vendu If'n Oof à des musiciens, des dessinateurs, des lecteurs de bédé qui en avaient marre du récit propre. Ce livre ne se lit pas d'une traite : on y revient, on ouvre au hasard, on se perd. Les 800 pages peuvent intimider, mais c'est justement la profusion qui fait la force. Chippendale ne s'économise pas. Mention spéciale aux planches en négatif : un choc visuel à chaque fois.

Si vous aimez le délire contrôlé, la psyché pop et les récits qui refusent de vous prendre par la main, If'n Oof est fait pour vous.

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